Paris / 12,101ème jour sur Terre (02 Février 2010):
Je ne sais pas si vous avez remarqué certaines pubs dans le métro. Ne pas remarquer les pubs dans le métro, il n’y a que Gilbert Montagné qui fait, mais certaines pubs sont intéressantes de par leur déconnexion avec la réalité ou la stigmatisation involontaire sur des catégorisations pénibles. Le monde sous terrain est parfois loin de la réalité terrienne…
Prenez la pub Acadomia par exemple. Vous voyez une jolie jeune femme attablèe devant un café et se posant toutes sortes de questions existentielles. Il est indiquée que la jeune femme est prof de français. Déjà je ne veux pas faire de “cliché” (en anglais dans le texte), mais de mémoire de jeune garçon en plein émoi, mes profs de français de collège n’avait pas 23 ans à passer un mi temps dans un bahut et mi temps à l’agence élite. C’était plutôt du genre mi temps au collège et l’autre moitié du temps dans du formol à la maison de retraite des magnolias.
Mais admettons, pas de stigmatisation, la prof de français est une femme comme les autres, avec les mêmes comportement de couple (bon elle te citera “Les djinns” de Victor Hugo quand tu lui parleras soldes chez Levi’s et corrigera sans arrêt tes fautes de français avec bienveillance mais en le notant sur ton cahier de correspondance à faire signer par tes parents quand vous leur rendez visite à Noël), admettons.
C’est donc une jeune prof débutante. Et là on voit toute la puissance de l’actualité du message. Une prof débutante se retrouve généralement dans une zone sensible. Et quelles sont les préoccupations d’une prof débutante selon Acadomia? Je vous les livre telles qu’elles sont indiquées dans le message de la pub:
” Parfois son métier lui causait du souci. Avait elle été suffisamment claire et intéressante? Et en dehors des bonnes notes,y avait il une place pour l envie d’ apprendre?”.
En fait parfois, mais vraiment rarement, elle se fait du souci. Le reste du temps ça roule. Et sa préoccupation bien admirable, ce n’est pas savoir si elle va se faire chahuter, s’il va y avoir une insulte qui fuse, un “tassepé” de trop, des filles qui vont débarquer dans un lycée pour tabasser une élève, un élève qui va mettre un coup de couteau à un autre, non, elle est dans sa bulle comme Clémentine, elle espère avoir été suffisamment claire dans son analyse sémantique du bateau ivre de Rimbaud quand les jeunes ne parlent même plus le présent de l’indicatif correctement! Bien en phase avec la réalité du terrain et des préoccupations des profs…
Autre pub, et cette fois pas un déphasage mais une catégorisation que l’on peut taxer de racisme en effet boomerang à cause sans doute de mon esprit vicieux et cynique.
Prenez la pub du Francilien ci dessous.

Ce que je constate, c’est que la personne de sexe féminin avec un prénom bien français, Géraldine, elle se lève super tôt, c’est la France des travailleurs, dès 6h40 la Gégé elle est sur la route à se lever très tôt pour gagner beaucoup plus!!! Courageuse!
Et Jade, la petite Jade, en bon cliché asiatique la voila encore debout à 23h40 après sans doute une journée de boulot débutée comme celle de Géraldine, Jade s’accorde un repos bien mérité.
Entre ces deux extrêmes féminins ou l’on voit que la femme travaille tôt et s’éclate tard, qu’avons nous? Le bon pote Seb qui consciencieusement fait ses courses à 18h40, inactif ou fonctionnaire le Seb pour tenir ces horaires, bon père de famille, avec sa mine bonhomme, le voila chargé des courses pendant que les femmes turbinent depuis 6h40 ou s’apprêtent à faire la fofolle comme Jade.
Et Kevin, le bon petit français avec le prénom que l’on entendait il y a 15 ans sur la plage en n’étant pas surpris de le voir beuglé par une mère de famille populaire dodue suintant la frite nourrie aux feuilletons américains et en précisant “Kevin,va chercher Steve et Jennifer et dis à Brandon de pas s’approcher du bord”, Kevin donc, aujourd’hui apaisé et désormais sportif se retrouve à faire sagement son cours de tennis à 14h40, heure respectable puisque respectant le paradigme sportif du temps de latence nécessaire à la bonne digestion.
Et au milieu de tout ça, la pub francilienne a voulu placer le quota de représentation maghrébine avec Mehdi, que l’on fait glander à la Fac puisqu’à 10h40 c’est “bientôt” l’heure d’aller à la Fac, c’est à dire que c’est pas encore l’heure faut pas non plus se presser y a le temps houla, Mehdi il va se lever tout doucement comme une bonne grosse feignasse de maghrébin vers 11h il va partir pour la fac avec sa demi heure de trajet parce qu’il est en cité forcément en bon cliché et donc il arrive pile poil pour aller à la K’Fet. Non mais en plus regardez le, il fout rien, et il est heureux, il sourit comme un benêt (forcément il se tape des nuits de 15h) les mains dans les poches, un signe fort! Et pendant que Géraldine bonne petite française turbine toujours sous amphet et que Kevin fait ses étirements, le Mehdi loukhoume dans son lit et s’empiffre à la K’Fet…
Elle ne serait pas un peu raciste cette pub vue sous cet angle???

Heu, franchement, non pas vraiment. Perso je m’identifie bien a Medhi, et j’etais meme pas a la fac
Justement ce que je trouve sympa c’est qu’ils ont montre la femme qui bosse tot et le mec qui reste a la maison et fait les courses, au lieu de l’inverse, beaucoup plus ancre dans la vision classique de la famille francaise.
3 février 2010 @ 0:46ils auraient pu mettre un blondinet et l’appeler Jean …
3 février 2010 @ 10:44A force de vouloir casser les clichés (le mec bosse la femme est au foyer) sur des pubs comme ça, ça sent le contre-cliché moisi qui veut déculpabiliser. OK ils ne sont que 5 ils n’allaient pas en mettre 27 sur l’affiche mais quand même là on tombe dans le stéréotype contraire. Du coup ils ne vont pas jusqu’au bout et aurait pu mettre en effet un petit brun et l’appeler Vincent
4 février 2010 @ 11:01